Vues de l’Algérie avant 1830

Djamaâ Djedid  La mosquée Djamaâ Djedid a été érigée en 1660 à l’emplacement  de la médersa Bou Annan. Elle se voulait la plus grande mosquée  d’El Djazaïr à une époque où chaque corporation et chaque  quartier avaient leur petite mosquée. Suivant le modèle officiel  de mosquée décrété par le roi ziride Abou Abdallah Mohamed II  (1505-1512), elle a été construite en forme de croix, comme beaucoup  de mosquées turques qui voulaient se distinguer des autres styles.  C’était la mosquée de la milice turque dépêchée par l’Empire  ottoman pour servir la Régence d’Alger. Dédiée au culte suivant le  rite hanéfite qui avait cours chez les Turcs, cette mosquée a été  construite par les pêcheurs selon le style architectural anatolien des  mosquées d’Istanbul : un plan en forme de croix latine, coupole de  forme ovoïde terminée en pointe et entourée de quatre coupoles plus  petites. D’une blancheur immaculée, comme celle des maisons et  édifices d’Alger, son minaret est de forme carrée et dont la hauteur  initiale était de quelque 40 m, mais qui a été ramenée à 27 m avec  la construction, par le colonisateur français, du boulevard de la  République, Che Guevara actuellement. Depuis 1853, c’est sur ce  minaret qu’est accrochée l’horloge d’Alger, alors qu’elle était dans  le palais de la Djenina. Le minbar de Djamaâ Djedid est de style  italien, en marbre sculpté. Durant plusieurs siècles, les imams et fidèles  se sont relayés pour l’utilisation d’un précieux manuscrit du Coran  qui, aujourd’hui, est conservé au Musée national des antiquités.  Voûte de l’Amirauté  Djamaâ Djedid donne sur une des portes de l’ancienne forteresse,  Bab El B’har (porte de la mer), lequel aboutit à l’Amirauté, autrefois  célèbre pour sa voûte d’où entraient les marchandises des  commerçants chrétiens soumis à des taxes douanières. C’était la porte  des invités et des marins étrangers. Quant aux autochtones venant  de la Mitidja et de Kabylie, leur porte d’accès était Bab Azzoun, au  sud de la ville, et qui doit son appellation à Azzoun, condamné à  mort par la Régence et exécuté par empalement sur un crochet fixé  au-dessus de la porte.